Black leadership course : prendre sa place sans porter seul le poids des discriminations
Publié par : Célestin-Marie Géraud — Rédacteur spécialisé en éducation & Emploi
Un black leadership course est une formation consacrée au leadership noir et aux enjeux de pouvoir, de représentation et de discrimination qui peuvent l’accompagner. Selon le programme, l’objectif est de comprendre ces mécanismes, de développer sa capacité à agir en organisation ou d’apprendre à accompagner d’autres leaders. Pour choisir une formation pertinente, il faut distinguer l’apprentissage des concepts, la pratique professionnelle et les espaces de préservation collective.
Identifier ce que la formation doit vous permettre de changer
Le leadership noir ne désigne pas une manière unique de diriger. Il renvoie ici aux expériences de personnes noires qui exercent une influence, prennent des décisions ou mobilisent un collectif, avec ou sans titre hiérarchique. Ces expériences varient selon le pays, le secteur, le genre et la position occupée. Une formation sérieuse doit donc éviter de transformer des vécus multiples en un profil uniforme.
Le bon point de départ est une situation concrète : prendre la parole en comité de direction, gérer une contestation, sortir de l’isolement ou animer un groupe de pairs. Le programme doit relier ses objectifs pédagogiques à ces situations, plutôt que promettre une confiance en soi déconnectée du fonctionnement de l’organisation.
- Pour un leader noir : analyser les rapports de pouvoir et renforcer sa marge d’action sans nier les obstacles structurels.
- Pour une femme noire en responsabilité : travailler les attentes croisées liées au racisme et au sexisme, ainsi que la préservation de ses ressources.
- Pour un manager ou un responsable RH : reconnaître les biais d’évaluation et rendre le désaccord réellement possible.
- Pour un formateur : apprendre à faciliter ces échanges, au-delà de la seule maîtrise théorique.
Vérifiez aussi le public admis. Un espace destiné aux personnes directement concernées et une formation ouverte aux alliés ne répondent pas aux mêmes besoins. Cette distinction doit être annoncée clairement, sans supposer que tous les programmes sont accessibles à tous.
Comprendre la pression invisible derrière la prise de parole
Double conscience et super-surveillance : deux mécanismes distincts
Dans ce cadre pédagogique, la double conscience aide à comprendre le fait de penser à ce que l’on souhaite dire tout en anticipant la manière dont ses paroles seront perçues à travers le regard d’autrui. Une intervention professionnelle peut ainsi exiger un travail supplémentaire : choisir ses mots, ajuster son ton, anticiper un stéréotype et évaluer le risque d’être mal interprété.

La super-surveillance désigne l’attention accrue portée aux gestes, aux décisions ou aux erreurs des personnes noires. Il ne s’agit pas simplement d’une forte exigence professionnelle, mais d’un examen potentiellement asymétrique. Une formation utile permet de distinguer une critique fondée sur le travail d’un jugement qui applique des critères différents selon les personnes.
Ne pas réduire le problème à une posture individuelle
Une contribution ferme peut être perçue comme agressive lorsqu’elle émane d’une personne noire, alors qu’une intervention comparable sera valorisée comme assertive chez quelqu’un d’autre. Apprendre à adapter son expression peut être utile dans certaines circonstances ; en faire la réponse principale revient toutefois à laisser les règles inéquitables intactes.
Une formation peut servir de paravent protecteur : un espace où éprouver une formulation, examiner une expérience et décider ce que l’on souhaite partager. Mais ce paravent ne doit pas masquer les défauts de la pièce. Si l’organisation finance le cours tout en conservant des critères d’évaluation opaques ou des réunions où la contradiction est sanctionnée, elle déplace le problème vers la personne formée. Demandez donc aussi ce qui changera autour d’elle.
Transformer le désaccord en capacité d’action collective
Le module d’OpenLearn, proposé par The Open University, met notamment en regard le destructive consent et le constructive dissent. Le premier correspond à un consentement destructeur : approuver en apparence une décision que l’on estime nuisible, par crainte des conséquences. Le second désigne un désaccord constructif, qui permet de questionner une décision et de proposer des solutions alternatives.
Ce contraste rappelle que le leadership ne se résume pas à obtenir l’adhésion. Il suppose aussi de pouvoir entendre une objection, notamment lorsqu’elle vient d’une personne dont la parole est plus facilement disqualifiée. La qualité du désaccord dépend autant de l’accueil des dirigeants que de la formulation du salarié.
Un exercice pédagogique pertinent pourrait partir d’une décision contestable et demander aux participants de préparer une intervention en trois étapes :
- Décrire le problème observable sans attribuer d’intentions non vérifiables.
- Expliquer ses conséquences sur le travail, les personnes ou la mission.
- Proposer une alternative et préciser la réponse attendue.
Par exemple : « Ce calendrier ne prévoit pas de consultation de l’équipe concernée. Nous risquons de manquer des contraintes opérationnelles. Je propose une revue avant validation. » Cet exercice ne garantit pas une réception équitable. L’organisation doit aussi prévoir des voies d’alerte, protéger contre les représailles et expliquer comment les objections sont examinées.
Préserver les femmes noires leaders et apprendre à accompagner
Les programmes centrés sur les femmes noires peuvent articuler développement du leadership, communauté et self-care. L’autosoins n’y consiste pas seulement à récupérer pour continuer à produire. Il peut être envisagé comme une pratique de préservation individuelle et collective : reconnaître ses limites, ne pas rester seule face aux difficultés et répartir la charge de soutien.
CompassPoint présente cette orientation dans Self-Care for Black Women in Leadership et dans sa formation de formateurs. L’approche s’organise autour de trois axes, Mind, Body and Spirit, en associant réflexion, attention au corps et dimension intérieure. Avant de s’inscrire, il est utile de demander comment ces axes se traduisent en activités et quelle liberté de participation est prévue.
La formation de formateurs ajoute un objectif distinct : développer une posture de facilitation. Connaître un sujet ne suffit pas pour accompagner un groupe. Il faut aussi poser un cadre, accueillir des expériences différentes, réguler les échanges et respecter le droit de ne pas raconter une situation personnelle.
La pratique en équipes et les retours sur l’animation sont donc des critères importants. Pour évaluer ce type de parcours, demandez quelle place est donnée à la mise en situation, à la confidentialité et aux limites du rôle de facilitateur, notamment lorsque des récits difficiles émergent.
Comparer les formats et vérifier l’offre avant de s’inscrire
Un cours en ligne, un enseignement universitaire et une retraite spécialisée ne sont pas interchangeables. Le tableau suivant permet de choisir selon l’usage recherché, sans présumer de la qualité d’une offre particulière.
| Format | Usage pertinent | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Module en ligne, comme OpenLearn | Découvrir les concepts et analyser des situations | Accompagnement, exercices et éventuelle attestation |
| Enseignement universitaire | Approfondir un cadre théorique dans un cursus | Prérequis, évaluation et reconnaissance académique |
| Programme spécialisé en groupe | Travailler sa pratique et créer des liens entre pairs | Public, confidentialité et expérience des intervenants |
| Retraite de formation de formateurs | Pratiquer la facilitation de façon intensive | Supervision, logistique et conditions de réutilisation du contenu |
À titre de repère historique, la retraite CompassPoint organisée du dimanche 21 au vendredi 26 août 2022 s’étendait sur six jours, avec le dimanche et le vendredi en demi-journées, pour un groupe de 11 participants. Ces modalités ne prouvent pas qu’une session identique soit actuellement proposée : les prochaines dates et conditions doivent être confirmées auprès de l’organisme.
Avant tout engagement, demandez le programme détaillé, le coût total, la langue d’enseignement, les modalités d’accessibilité et les conditions d’annulation. Faites préciser la nature exacte de la reconnaissance obtenue : participation, évaluation des acquis ou certification. Enfin, vérifiez le suivi prévu. Le bon choix est celui qui correspond à votre besoin et permet un transfert concret dans votre environnement, sans vous rendre seul responsable de sa transformation.



